Les Étudiants du Monde : une richesse pour la France et ses villes universitaires, mais remise en question

Suite à l’annonce, le 15 novembre dernier, par le premier Ministre Édouard Philippe, de l’augmentation, à compter de la rentrée 2019, des frais d’inscription universitaires pour les étudiants étrangers résidant hors de l’espace économique européen (EEE), l’Association des Villes Universitaires de France (AVUF) s’inquiète des conséquences de cette décision pour les universités et les territoires dans lesquels elles sont implantées.

Si l’AVUF soutient l’ambition du gouvernement d’augmenter le nombre d’étudiants accueillis dans les universités françaises, elle s’inquiète des conséquences de la hausse spectaculaire (multiplication par seize) des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors EEE et des incertitudes de certaines mesures annoncées dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie française d’attractivité pour les étudiants internationaux.

 

L’AVUF rappelle les chiffres publiés par l’agence Campus France : les étudiants étrangers coûtent 3 millions d’euros par an, mais par leurs dépenses en France, ils rapportent 4,5 milliards d’euros. A l’instar de la Cour des comptes qui avait explicitement mis en garde contre l’ « hypothèse risquée » d’une hausse touchant les étudiants, avec « un éventuel effet d’éviction difficile à évaluer », de nombreuses universités craignent cet effet d’éviction et leurs conséquences sur le maintien de certaines formations qui accueillent de nombreux étudiants hors EEE représentant parfois jusqu’à 90% des effectifs des étudiants internationaux.

 

En contrepartie de cette hausse des frais d’inscription, le gouvernement a promis davantage de bourses et d’exonérations de ces frais. Mais de nombreuses incertitudes demeurent sur les aspects pratiques de ces dispositifs : Quels seront les montants de ces bourses ? Sur quels critères seront-elles attribuées ? Quels seront les critères d’attribution de ces exonérations partielles ou totales ?  Sur ces différentes questions, l’AVUF espère des précisions de la part du gouvernement.

 

Forte de certaines expérimentations locales, elle est également prête à travailler à l’amélioration de dispositifs souhaitée par le gouvernement tels que les formalités d’accueil et de délivrance de titres de séjours des étudiants étrangers, l’accès à des cours en anglais ainsi qu’à ceux de Français Langue Étrangère (FLE).

 

Toutefois, l’éventuel financement de bourses et d’exonérations, l’amélioration de dispositifs d’accueil d’étudiants étrangers pourront difficilement atténuer les craintes actuelles liées aux impacts globalement négatifs de cette décision pour un certain nombre d’universités et de territoires français, et plus particulièrement les villes moyennes.